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carnaval notting hill 150.jpgCarnaval de Notting Hill, Londres


Le carnaval de Notting Hill a lieu à Londres le dernier week-end d’août, et ce depuis 38 ans. Tout a commencé avec une petite fête de quartier organisée par des immigrés antillais du quartier de Notting Hill. Mais désormais, cette fête est devenue l’un des carnavals les plus attractifs d’Europe, avec en moyenne deux millions de participants, venus écouter les fameux “sound systems” et manger aux stands de nourriture des Caraïbes.


Le Carnaval présente cinq disciplines : Mas' ( l’art du costume, de «Masquerade»), Steel band (percussions), Calypso (satyre politique et sociale en musique), Soca (musique traditionnelle du carnaval issue de la fusion entre la Soul et la Calypso) et les Sound Systems statiques. Chacune joue un rôle durant les deux jours du défilé carnavalesque, mais aussi dans le mois précédent par des compétitions dans les différentes disciplines.

Désormais le carnaval de Notting Hill n’est plus l’apanage des antillais : on retrouve aujourd’hui des groupes d’Asie, d’Europe de l’Est, du Brésil ou même des philippines. Au delà du carnaval traditionnel en lui-même, il existe trois grandes scènes où se produisent des artistes de renommée internationale comme des groupes locaux, et ce durant les deux jours. Parmi les stars de la world music qui y ont participé on retiendra Eddie Grant, the Mighty Sparrow, Arrow, Freddie McGregor, Burning Spear, Jamiroquai, Wyclef Jean ou Amaponda.

Ce sont les immigrés noirs des caraïbes, et en particulier de Trinidad et Tobago qui sont à l’origine du carnaval. Leur intention était de réunir les différentes composantes de la population de Notting Hill, la plupart en butte au racisme et vivant dans des conditions des plus difficiles.

A Trinidad, durant l’esclavage, les noirs n’avaient pas le droit de jouer de la musique ou de se déguiser. C’est seulement quand le carnaval européen fut importé qu’ils purent participer, mais uniquement pour distraire leurs maîtres.

De même il était interdit aux noirs de sortir dans la rue à la tombée de la nuit, excepté la cas ou ils accompagnaient leur maître. Quand l’esclavage fut supprimé en 1833, les esclaves envahirent la rue pour chanter et danser, mimant leurs maîtres qui les avaient aliénés pendant des siècles. De ce fait, les noirs voulurent ressembler à leurs anciens propriétaires, en s’habillant comme eux, en se poudrant le visage ou en portant des masques les caricaturant.

Ces célébrations de leur liberté retrouvée permirent aux noirs d’exprimer leurs sentiments vis-à-vis de leur maîtres mais aussi de leur condition : ils développèrent un art du costume, créèrent des scènes racontant leur déportation et leur esclavage, et ces rites finirent par devenir une tradition. Tradition qui a suivi les nombreux immigrés trinidadéens dans leur pays d’accueil, pour donner ce carnaval multicolore, fruit de leur héritage européen et africain.