Mauvaises notes pour les facs européennes
L'Europe ne fait guère mieux que l'an passé dans le "classement de Shanghai" des meilleures universités du monde. Comme en 2005, seules deux universités du Vieux Continent apparaissent dans le top 20, et 34 figurent dans le top 100, soit une de moins que l'an dernier. Les Etats-Unis, eux, font 17/20 et 54/100. Les facs européennes méritent-elles le bonnet d'âne ?
Le classement effectué par l'université Jiao Tong de Shanghai est une référence au niveau mondial. La principale raison est l'objectivité de ses paramètres : Prix Nobel et médailles Fields obtenus, articles publiés dans des revues comme Nature ou Science et articles cités ou repris dans les principaux index scientifiques. Mais bien que ces paramètres soient facilement quantifiables, ils sont loin d'être parfaits.
Un des principaux défauts du classement est qu'il n'est pertinent que dans le domaine des sciences. Les paramètres utilisés ne concernent presque pas les sciences humaines, un domaine plus difficile à quantifier. Par ailleurs, même pour les sciences, il concerne plus la recherche que la qualité de l'enseignement.
Un autre problème concerne les différences entre les structures universitaires et de recherche d'un pays à l'autre. En France, par exemple, la recherche a lieu surtout dans des centres spécialisés comme le CNRS. Par ailleurs, même quand les travaux sont réalises en collaboration avec des universités, ils sont parfois attribués aux centres de recherche. Cela explique en partie le classement très médiocre des universités françaises, qui ne sont que 4 dans le top 100.
Ces défauts pris en compte, les résultats du classement valent cependant le coup d'œil.
Les quatre premières universités non américaines sont l'Université de Cambridge (2eme), l'Université d'Oxford (17eme), Imperial College (23eme) et University College London (26eme). Ce sont donc les établissements anglo-saxons qui dominent le classement. Quant aux premières universités non américaines ou non britanniques, elles sont japonaises : les universités de Tokyo (17eme) et de Kyoto (19eme).
Les premiers établissements de l'Europe continentale sont l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (27eme) et l'Université d'Utrecht (40eme). Et les premiers établissements de l'Hexagone (grandes écoles comprises) sont Paris VI (45eme), Paris XI (64eme) et Strasbourg (96eme).
Avec de tels écarts entre universités américaines et européennes, le classement témoigne de la faiblesse des facs européennes au niveau de la recherche scientifique. Un problème qui continue a avoir des effets négatifs sur la capacité d'innovation du système économique européen.
25 août 2006