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C'est parti pour les négocitaions d'adhésion150x145.jpgC'est parti pour les négocitaions d'adhésion


La Turquie a débuté les négociations d'adhésion avec l'Union européenne ce lundi 3 octobre, près de 42 après la signature d'un premier accord d'association avec la CEE. Le texte final du cadre des négociations ne mentionne finalement pas l'alternative d'un "partenariat privilégié", comme l'avait exigé l'Autriche. Il aura fallu près de 24 heures de négociations entre les Vingt-cinq dimanche et lundi pour parvenir, tardivement, à un accord sur ce point.

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"C'est véritablement une journée historique pour l'Europe et pour toute la communauté internationale... Nous sommes tous gagnants" a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, qui a mené les tractations entre les Vingt-cinq et avec la Turquie. "Nous avons franchi un tournant historique", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie turque Abdullah Gül à la cérémonie d'ouverture des pourparlers, peu après minuit.

L'isolement autrichien

Il a semblé hier qu'un accord entre les Vingt-cinq n'aboutirait pas dans la journée, en raison de l'intransigeance autrichienne. Poussée dans le dos par une opinion publique largement hostile à l'adhésion de la Turquie, Vienne demandait que l'Union présente explicitement une "alternative" à l'adhésion complète, ce qui était catégoriquement rejeté par Ankara.

Complètement isolée sur ce point, l'Autriche a été vertement critiquée par certains de ses partenaires européens. "L'Autriche manque de bonne foi", avait notamment déclaré le ministre polonais des Affaires étrangères, Adam Rotfeld. La ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, a défendu la position de son pays en expliquant qu'il ne s'agissait que d'une demande de clarification. "Nous n'avons jamais remis en question que l'objectif des négociations soit la pleine adhésion de la Turquie, mais nous voulions qu'il soit clair qu'elles sont les alternatives dans le cas où les négociations n'arriveraient pas à leur conclusion", a-t-elle déclaré.

Selon certains observateurs, Vienne aurait finalement retiré ses exigences contre l'assurance du démarrage des négociations avec la Croatie, dont elle est proche. La Croatie a en effet reçu le feu vert peu après l'accord sur la Turquie, cela après que la procureur du Tribunal pénal international Carla del Ponte ait déclaré que Split "coopérait pleinement" avec le tribunal. La présidence britannique dément avoir cédé à un chantage.

Chypre


En dehors de la question du "partenariat priviliégié", un autre point posant problème concernait Chypre. Un amendement accordé à Nicosie une semaine avant le début des négociations stipule que la Turquie ne peut bloquer la participation d'un Etat membre à des organisations internationales, ce qui, pour la Turquie, signifiait une reconnaissance de fait de Chypre. Mais Ankara a finalement accepté ce point après avoir reçu l'assurance de Washington que cela ne lui lierait pas les mais à l'OTAN.

Les négociations

La Turquie doit désormais adopter l'"acquis communautaire", c'est-à-dire l'ensemble des règles de l'Union européenne. Ankara sera soumise à de très strictes conditions lors des négociations. Des dérogations partielles et limitées dans le temps peuvent lui être accordées, mais elles devront être approuvées par tous les Etats membres. En effet, chaque Etat membre pourra mettre son veto à la fermeture et, dans certains cas, à l'ouverture des 35 chapitres.

En outre, le cadre des négociations stipule que les pourparlers devront prendre en compte "la capacité d'absorption de l'Union", une première pour un pays candidat. Enfin, autre nouveauté pour un pays candidat, le document stipule que "processus ouvert dont l'issue ne peut être garantie à l'avance".

Lundi, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a de nouveau réclamé aux Européens l'égalité de traitement avec les autres pays candidats. "S'ils sont honnêtes avec nous, alors nous serons honnêtes avec eux", a-t-il déclaré.

Corentin Wauters
4 octobre 2005
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