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auditorium 150.jpgRome renoue avec son passé cinématographique


Le rideau est tombé ce samedi 21 octobre sur la première Fête internationale du cinéma de Rome. Les Marc Aurèle ont été décernés au cinéaste russe Kirill Serebrennikov pour Izobrajaya Zherty (Jouer les victimes), ainsi qu'aux acteurs Ariane Ascaride, pour Le Voyage en Arménie, de Robert Guédigian, et Giorgio Colangeli, pour L'Aria salata, d'Alessandro Angelini. Chacun est reparti avec la copieuse somme de 200.000 euros.

Ce nouveau venu au calendrier des festivals, lancé par le maire très culturel de la capitale italienne, Walter Veltroni, se termine sur un bon bilan pour les organisateurs. Doté d'un gros budget grâce à de généreux sponsors publics et privés, il se voulait différent des autres festivals de cinéma. L'objectif annoncé était à la fois de rendre à Rome un côté glamour disparu depuis les temps de La Dolce Vita et de faire du festival une "grande fête populaire".

Tapis rouge

Il est vrai que les photos de célébrités qui ont fréquenté les bars de la très chic Via Veneto, affichées dans les vitrines de ces derniers, se faisaient un peu vieilles. Le festival est en effet parvenu à attirer des stars plus fraîches : Nicole Kidman, Leonardo Di Caprio, Martin Scorsese, Robert de Niro ou encore Harrison Ford. Que du beau monde pour fouler le tapis rouge déroulé au magnifique Auditorium de l'architecte Renzo Piano (photo), centre du festival.

Mais la Festa ne se limitait pas à un seul lieu. Pour toucher un maximum de personnes, de nombreux cinémas du centre et de la banlieue ont programmé des films de la sélection officielle. Ainsi, même dans le quartier étudiant et gauchiste de San Lorenzo, connu pour un style de Dolce Vita plus anticonformiste, les cinéphiles se sont pressés pour voir gratuitement les films au programme, projetés sur un écran géant en plein air.

Guerre des festivals

Si la presse italienne a presque unanimement salué l'événement, la presse internationale, présente en nombre pour cette première, s'est montrée plus critique par rapport aux choix artistiques. Ainsi, Le Temps parle d'un festival "où l'amour de l'art compte moins que ce qu'il rapportera". La sélection est décrite comme les miettes laissées par la Mostra de Venise, le rival de la Festa dans une nouvelle "guerre des festivals". Mais pour le quotidien suisse, "la Mostra de Venise n'a rien à craindre dans l'immédiat".

La nouvelle rivalité Rome-Venise fait en effet couler beaucoup d'encre. L'apparition du festival romain a été très mal vécue dans la Sérénissime. C'est un peu comme si Paris avait lancé son propre festival de cinéma un mois après le Festival de Cannes. Les organisateurs de la Mostra n'ont pas été tendres avec leurs nouveaux rivaux. Le maire de Venise, Massimo Cacciari, a notamment déclaré que "comparer Venise à Rome s'est comme comparer Truffaut à James Bond".

N'en déplaise à Venise, les organisateurs romains ont d'ores et déjà annoncé qu'il y aura une deuxième édition de la Festa del Cinema (il reste à préciser les dates). La guerre des festivals devrait faire rage dès les prochains mois ; pour la chasse aux subsides (Venise en a besoin pour construire un nouvel espace pour abriter son festival), pour les films et pour les célébrités.

Corentin Wauters
23 octobre 2006

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