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olle hagstrom 150x145.jpgD’un village de pécheurs à la DG Pêche


La pêche, Olle Hagström est plongé dedans depuis la tendre enfance. Petit, il prenait souvent la mer dans un des bateaux des pêcheurs de son village natal, sur la cote ouest de la Suède. "J'ai passé la grande partie de ma jeunesse dans le port et en mer" raconte le fonctionnaire, désormais entouré des posters représentant différentes espèces de poissons qui ornent son bureau.

Olle Hagström est chef de l'unité Recherche et analyse scientifique de la Direction générale de la pêche et des affaires maritimes. L'unité s'occupe de rassembler les données statistiques et scientifiques qui permettent de gérer la Politique commune de la pêche (PCP). Pour ce faire, elle s'appuie sur la coopération des Etats membres et des organisations scientifiques.

Le but de la PCP aujourd'hui est de permettre la durabilité environnementale et économique du secteur. Ceci passe par la gestion de stocks de poissons considérablement amoindris au cours des dernières décennies. "Afin d'y parvenir, nous avons déjà les données biologiques, nous avons commencé à récolter des données économiques et des données sur l'impact de la pêche sur les mers. A l'avenir, nous allons très probablement devoir commencer à rassembler des données sociales", explique le chef d'unité.

Un enfant du mouvement écologiste

Olle Hagström a déjà 35 ans de carrière dans le milieu de la pêche. Peut-être prédestiné à travailler dans ce domaine, en raison de son enfance dans un village côtier, il découvre véritablement sa vocation à la fin des années 60, lors de ces dernières années d'école. "A cette époque commençait le mouvement écologique", raconte-t-il. "Il a été très important dans la société suédoise, notamment avec l'impact d'un livre de Rachel Carlson (Printemps silencieux) sur l'état de la planète." Le jeune Olle a choisit : il se lance dans des études de biologie marine.

Directement après ses études, il est engagé comme chercheur à l'Institut de Recherche Marine (IRM), en Suède, où il passe 25 ans, avant de s'impliquer avec le Conseil international pour l’Exploration de la Mer (CIEM), un important centre de recherche maritime basé au Danemark. Au fil des ans, il a de nombreux contacts avec la Commission et, en 1995, quand la Suède rejoint l'Union européenne, on lui propose un poste d'agent temporaire à Bruxelles. "Je me suis dit qu'il était temps de passer à autre chose dans la vie", raconte le Suédois. Après quelques années dans l'administration européenne, il réussit le concours d'entrée des fonctionnaires et est engagé de manière permanente.

Dans la machine administrative

Une nouvelle réglementation qui obligerait les Etats membres à inclure des données environnementales - comme les pêches accessoires de dauphins - en plus des données traditionnelles est en cours de préparation. Ce sont Olle Hagström et son équipe qui sont chargés de la préparer. Une tache qui requiert un grand travail de fond. Elle implique des consultations innombrables avec des associations professionnelles, des organisations scientifiques, des ONG écologistes, les Etats membres… un réseau "grand et complexe", souligne le chef d'unité.

Pas trop difficile de passer de chercheur à gestionnaire de la politique de pêche dans une grande administration, avec ses lenteurs bureaucratiques ? Le Suédois ne semble pas du tout frustré après 10 années passées à Bruxelles. "Comme scientifique, en vieillissant, on fait souvent de plus en plus d'administration et de moins en mois de science et, déjà à l'IMR, ma carrière suivait ce chemin", explique-t-il.

Voir le monde avec les pêcheries

Que ça soit chez son ancien employeur ou à la Commission, le Suédois trouve un stimulus constant grâce au côté international de son travail. "La pêche en eaux salées, c'est un domaine international", explique-t-il. "Cela me donne l'occasion de voyager, de rencontrer des personnes du monde entier. D'ailleurs, les Norvégiens recrutent avec le slogan 'Rejoignez les pêcheries et voyez le monde'."

Voir le monde ne se limite pas à voir les cotes d'Espagne, des Maldives ou du Canada. C'est aussi se confronter à différentes cultures, précise Olle Hagström. "Tu dois commencer à comprendre que ta culture n'est pas la seule qui compte, à voir les réalités de différents angles", explique-t-il. "Par exemple, un pays aura plus d'intérêt pour un style de poisson tandis qu'un autre préféra un autre, ou une autre taille. Cela veut dire que ce qui est bon pour un pays, ou même une région, n'est pas nécessairement bon pour d'autres. Ce n'est qu'en prenant tout cela en compte qu'on peut prendre une décision de gestion."

A Bruxelles avec un pied à terre en Suède

Cet intérêt pour les autres cultures fait qu'il aime aussi Bruxelles, une ville cosmopolite qui satisfait, il faut le dire, la plupart des fonctionnaires internationaux qui y habitent. "Avant d'arriver, je pensais que la Belgique était un pays plat et agricole", admet-il, "mais j'ai découvert qu'elle a beaucoup à offrir." Ce qu'il apprécie en Belgique ? Son histoire, sa cuisine, le cadre de vie, les pistes cyclables, mais aussi la proximité à d'autres pays européens. "Ma femme et moi avons notamment pu nourrir notre intérêt pour l'histoire en visitant plusieurs fois des champs de bataille des deux guerres mondiales en Belgique et dans le nord de la France", raconte-t-il.

En déménageant à Bruxelles, il a malgré tout du abandonner certains de ses hobbies, comme la chasse dans les grands espaces nordiques, ou la cueillette des champignons en famille, un passe-temps commun en Suède. "Mais même si la Suède est un pays fantastique du point de vue nature, la plupart des collègues suédois trouvent cela difficile de se réajuster à la vie en Suède", précise l'expatrié. Cela va de même pour ses enfants, qui sont aussi à Bruxelles pour la plupart. Aujourd'hui, sa vie est partagée entre la Belgique et son pays natal, où il passe ses vacances d'été avec sa famille dans sa maison avec une belle vue sur la mer, dans son village natal sur la côte ouest de la Suède.

Corentin Wauters
27 septembre 2005

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