Makeurope
IT |  UK | DE
Actualités
La Commission européenne gagne la bataille du roaming
PhotoTous les opérateurs de téléphonie mobile ont tous appliqué le nouveau règlement
 
Quiz
Explorateurs européens
PhotoSuivez les chemins qui les ont menés là où aucun homme - où plutôt aucun Européen - n’avait jamais été
chypre carte.jpgChypre, l’île divisée depuis 30 ans


C'est une ligne longue de 183 kilomètres qui coupe le territoire de Chypre en deux et qui soulève une des questions les plus délicates dans les rapports entre l'Union européenne et la Turquie. La division de l'île méditerranéenne remonte à 1974, quand les corps spéciaux envoyés par Ankara occupent la partie nord de la République de Chypre.

L'opération, selon la Turquie, répondait à une logique de "légitime défense préventive", visant à protéger la minorité turque qui habitait l'île. La Grèce était alors aux mains du "régime des colonels" qui avaient pris contrôle du pays en 1967 par un coup d'état. Chypre, république indépendante, était habitée en majeure partie par une population d'origine grecque et tournait depuis longtemps dans l'orbite politique d'Athènes. Par l'entremise d'un parti extrémiste local pro-hellénique emmené par Nicos Sampson, le gouvernement grec a tenté un coup d'état contre le gouvernement chypriote démocratiquement élu. Le putsch a échoué, mais la Turquie a réagi en soutenant que la minorité turque était en danger. En réalité, l'île a toujours été un point de rivalité entre Ankara et Athènes en raison de sa position stratégique, et du fait qu'elle abrite la plus grande station de radar de la Méditerranée.

Avec l'opération de 1974, l'armée turque a occupé la partie nord-ouest de l'île, contraignant presque 200.000 personnes d'origine grecque à abandonner leurs maisons et à se diriger pour la plupart vers la périphérie des villes principales, comme Nicosie, Limassol et Larnaka. La République de Chypre du Nord fut proclamée, mais elle n'a jamais été reconnue par un pays autre que la Turquie. Sa capitale est la ville de Lefkosia (nom et partie turque de Nicosie). Ankara a tout de suite commencé une "turquisation" du territoire occupé, avec l'envoi de presque 80 millions de Turcs. Les Nations unies, en attendant, ont crée une zone tampon entre les deux parties, interdite tant aux Chypriotes grecs qu'aux Turcs, sur laquelle est postée un contingent appelé UNFICYP.

La situation est substantiellement cristalisée depuis 1974. Les deux zônes ont développé des identités profondement diverses. La partie Chypriote grèque est la partie la plus riche de l'île, fort appréciée par de nombreux touristes et bénéficiant du soutien européen qui la portée dans l'Union. La partie turque est extrêmement pauvre et soutient son économie avec les revenus d'affaires peu limpides. La FATF, le groupe d'action de l'OSCE contre le recyclage de l'argent sale, a pointé du doigt de nombreuses fois les trafics qui passent par Lefkosia. Un développement encouragant est venu en 2004 de l'Union européenne, qui a décider de commencer de nouveaux rapports commerciaux avec le petit Etat turc et de soutenir son développement.

A de nombreuses reprises, différents médiateurs ont cherché à parvenir à un accord de paix, n'obtenant que de très faibles résultats. En 2004, peu de jours avant l'élargissement de l'UE à dix nouveaux pays, parmi lesquels Chypre, les Nations unies et l'Union européenne ont fait une tentative de conciliation pour permettre l'entrée de l'île dans l'Union dans son entièreté. Mais à cette occasion aussi, la fermeté des positions des deux parties, surtout celle de la Grèce, a fait échouer l'accord.

Pendant l'été 2005, Ankara a étendu à la partie grecque de Chypre les accords commerciaux avec l'Union, remplissant ainsi une des conditions fixées pour le commencement des négociations d'adhésion. Mais le premier ministre Erdogan a précisé que le geste ne correspondait pas à une reconnaissance de l'Etat qui se trouve sur la partie sud de l'île. Dans une contre-déclaration approuvée par les Vingt-cinq le 21 septembre, l’Union a crée les conditions pour le départ des négociations dans les temps prévus, mais a fixé la reconnaissance du gouvernement de Nicosie comme une condition indispensable pour leur conclusion positive.

Giuseppe Rizzo
Mise à jour le 22 septembre 2005

Retour au sommaire