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Suivez les chemins qui les ont menés là où aucun homme - où plutôt aucun Européen - n’avait jamais été L'Unesco consacre l'exception culturelle
La Conférence générale de l'Unesco a adopté, ce 20 octobre, une convention qui affranchit la culture des règles du commerce international. L'idée, lancée par la France et soutenue par l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne, a fait face jusqu'au bout à l'opposition solitaire des Etats-Unis. La Convention sur la Diversité culturelle consacre la légitimité des politiques publiques dans le domaine de la culture. La France, qui protège fortement ses industries de la musique et du cinéma par un système de subsides et de quotas, était en première ligne dans la défense du texte. Le ministre français de la culture et la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, s'est réjoui de son adoption, qu'il a qualifié de "très grande nouvelle". En revanche, les Etats-Unis, seul pays avec Israël à avoir voté contre la convention, se méfient d'un texte qu'ils jugent ambigu et ouvert à des abus. La représentante de Washington à l'Unesco, Louise Oliver, a dénoncé un "document erroné", déplorant que "le terme d'exception n'ait jamais été défini". Un "encouragement aux dictatures" Le quotidien Washington Post a qualifié le vote de "référendum sur la relation amour-haine du monde avec Hollywood, les Big Mac et Coca-Cola". "Pas même les gouvernements démocrates ne devraient se voir confier (?) la tâche de définir et cultiver le contenu approprié de la culture et l'expression artistique", écrit l'éditorialiste George F. Will, avant de demander pourquoi des "gouvernements peu alléchants devraient êtres encouragés à faire de l'affinage culturel". Pour l'éditorialiste, "l'Unesco revient à la sorte de malice teintée d'anti-américanisme qui a causé au président Ronald Reagan de quitter l'organisation en 1984". A l'époque, les Etats-Unis avaient quitté l'Unesco pour une autre question relative à la régulation des médias. Le rapport NOMIC (Nouvel Ordre mondial de l'Information et de la Communication), avancé par l'organisation, prônait l'introduction de mécanismes d'intervention pour rééquilibrer les flux mondiaux d'information au profit des pays du Sud. Les Etats-Unis, y voyant un moyen pour l'Union soviétique et les dictatures du tiers-monde de contrôler les médias, avaient claqué la porte de l'organisation. Ils ne l'ont rejointe que 20 ans plus tard, en 2003, sous le président George W. Bush, dans un rare geste de multilatéralisme que certains outre-atlantique regrettent peut-être déjà. 24 octobre 2005
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