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Suivez les chemins qui les ont menés là où aucun homme - où plutôt aucun Européen - n’avait jamais été "Bouche de la Vérité" pour le tourisme italien
L'industrie du tourisme italienne perd du terrain par rapport à d'autres pays européens et aux nouvelles destinations mondiales comme la Chine. En 2004, 75 millions de personnes ont choisi la France pour des vacances ou un voyage d'affaires, 53 millions ont choisi l'Espagne, 43 millions les Etats-Unis, et 41 millions la Chine. Cette même année, seuls 37 millions de personnes ont visité l'Italie - comparé au 41 millions de l'année précédente, faisant reculer le pays de la quatrième à la cinquième place dans le classement des destinations les plus prisées. Bien que les chiffres pour la France et l'Espagne aient aussi régressé en terme de pourcentage du tourisme mondial ces vingt dernières années, de 11,2% à 11,1% et de 8,4% à 7,4% respectivement, l'Italie a été plus fortement frappée, chutant de 7,6% à 5,5%. Une industrie importante Ceci est significatif car "le tourisme est la première industrie italienne, avec 2 millions d'emplois et un revenu équivalent à 12% du PIB national," explique Bernabò Bocca, le président de la fédération italienne des hôtels Federalberghi, cité dans l'hebdomadaire italien Venerdi. Il n'y a pas d'excuse au malaise italien. L'ascension phénoménale du tourisme en Chine est, bien sûr, liée à son boom économique, attirant des millions de personnes chaque année. Mais l'effet "Chine" est le même pour l'Europe entière, alors pourquoi l'Italie fait-elle moins bien que ces voisins européens ? La promotion est un facteur clé : cette année, la France a dépensé 105 millions d'euros pour sa mise en valeur. L'Italie, en revanche, n'a dépensé que 25 millions d'euros. Bernabò Bocca cite aussi le taux de TVA élevé pour les hôtels en Italie : 10%, comparé à 7% en Espagne et 5,5% en France. Mais, au manque d'investissement et aux taxes élevées, s'ajoutent d'autres raisons internes. Augmentation des prix D'après l'économiste et président du Touring Club Italiano Roberto Ruozi, "il y a, dans cette période de crise économique, deux raisons principales au déclin dans le tourisme : les prix et la qualité de l'offre. L'Italie a tellement d'avantages, sa culture, la mer. Pour de nombreuses années ces facteurs nous ont donné une sorte de monopole. Ce n'est clairement plus le cas." Par ailleurs, plus qu'ailleurs dans les pays de la Zone euro, l'introduction de l'euro en 2002 a provoqué une augmentation massive des prix sans qu'il n'y ait pour autant aucune amélioration de la qualité. Ruozi ajoute : "Les hôteliers et les restaurateurs ont souvent réagit à la crise en augmentant les prix, pour équilibrer les comptes avec le plus petit nombre de clients." Cela a été confirmé par une récente enquête de l'association de consommateurs italienne Codacons, qui a démontré que le coût de vacances en Italie a augmenté d'au moins 10% entre 2004 et 2005. Quel avenir pour le tourisme en Italie ? Alors que la concurrence de la Chine augmente, et que d'autres pays européens revigorent leurs industries du tourisme, la pays a un choix : Mettre la main au portefeuille pour mieux promouvoir son industrie et faire baisser les prix, ou bien mettre la main dans la Bouche de la Vérité et espérer le mieux. Certaines choses ne devraient pas être laissées au hasard. Howard Hudson 16 juin 2005
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