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tymoshenko 150.jpgRetour du camp «orange» en Ukraine

Les Ukrainiens étaient appelés à choisir leurs députés dimanche. D’après les résultats provisoires, Ioulia Timochenko, l’ancien premier ministre issu de la «révolution orange», limogée en 2005, fait un retour en force.

Ioulia Timochenko est la principale gagnante des élections législatives anticipées du 30 septembre en Ukraine. Avec 31,5 % des suffrages, son parti, le bloc Timishenko, est deuxième derrière le Parti des régions de l’actuel premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch (34,9 %). Mais, grâce à une nouvelle alliance avec le parti Notre Ukraine du président Viktor Iouchtchenko (13,4 %), elle devrait bénéficier d’une majorité lui permettant de devenir premier ministre.

Ces élections marqueront donc, selon toute vraisemblance, le retour du camp «orange» en Ukraine. Incarné par Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko, cette alliance pro-occidentale avait conquis le pouvoir après avoir remporté une élection présidentielle contestée de 2004. Mais, en 2005, elle s’était effondrée à cause des querelles incessantes entre ses deux principales personnalités. Viktor Iouchtchenko, le président, avait alors limogé Iulia Timitchenko, son premier ministre.

Fin d’une cohabitation

La séparation du camp «orange» avait profité à Viktor Ianoukovitch, le vainqueur déchu de la présidentielle de 2004, déclaré coupable de fraude électorale. Celui-ci avait fait un retour surprise en remportant les élections de mars 2006 et en formant une coalition avec le parti communiste et le parti socialiste. Mais une cohabitation difficile avec le président Iouchtchenko s’en était suivie.

En avril cette année, une crise avait éclaté après que Ianoukovitch ait persuadé 11 membres du parti Notre Ukraine de rejoindre son camp. Cette manœuvre le rapprochait de la majorité des deux tiers nécessaire pour bloquer des décrets présidentiels. La jugeant illégale, Iouchtchenko avait convoqué des élections anticipées, qui se sont déroulées dimanche.

... et début d’une autre

Ioulia Timochenko, dont le score est en hausse de 10 % par rapport aux élections de 2006, a réussi un retour spectaculaire en remportant des voix à la fois dans sa zone de soutien traditionnelle, à l’ouest du pays, et à l’est, traditionnellement proche du camp pro-russe. Elle y est parvenue grâce notamment à une campagne encensant la souveraineté nationale et promettant de lutter contre la corruption et les privilèges des conglomérats industriels.

Ces élections sont censées ramener une certaine stabilité à l’Ukraine. Certains observateurs doutent cependant que l’entente entre Timitchenko et Iouchtchenko puisse tenir longtemps. Les relations entre les deux alliés risquent notamment de se compliquer à l’approche de l’élection présidentielle de 2009, qui pourrait bien voir s’affronter les trois principaux personnages de la politique en Ukraine depuis 2004.

Corentin Wauters
1 octobre 2007