La Commission européenne gagne la bataille du roaming
Tous les opérateurs de téléphonie mobile ont appliqué le nouveau règlement entré en vigueur cet été. Une fois n'est pas coutume, une mesure venue de Bruxelles a bénéficié du soutien presque inconditionnel de la part des Etats membres et du grand public.
Le combat de la Commission de ces dernières années pour réduire le prix des appels téléphoniques à l’étranger a atteint son but. Bruxelles a annoncé, ce 27 août, que tous les opérateurs de téléphonie mobile se sont pliés au nouveau règlement en baissant les tarifs de l’itinérance – ou «roaming» – sous le plafond imposé.
Le règlement européen, approuvé par les Etats membres en juin, obligeait les opérateurs à proposer à leurs clients le nouvel «eurotarif» – maximum 49 centimes la minute hors taxe pour les appels passés depuis l’étranger et 24 centimes pour les appels reçus – avant la fin du mois de juillet.
Il y a trois semaines, l’exécutif européen pointait encore du doigt certains opérateurs qui ne l’avaient pas fait, mais ceux-ci sont depuis rentrés dans le rang. Mieux, dans 23 des 27 Etats membres, au moins un opérateur de téléphonie mobile propose des tarifs d'itinérance inférieurs aux plafonds établis dans le règlement, affirme la Commission.
«Grâce à la pression exercée sans relâche par l'Union européenne, les consommateurs peuvent désormais réaliser une évaluation complète des nouveaux eurotarifs pratiqués dans l'ensemble de l'Europe», s’est félicité Viviane Reding, la commissaire européenne responsable des télécommunications.
La réduction des tarifs fait suite à une longue enquête de Bruxelles sur les prix du roaming. Celle-ci avait abouti à la conclusion que les opérateurs profitaient de l’opacité des tarifs pour accumuler de larges marges bénéficiaires. Les nouveaux plafonds ont été établis à la suite d’une proposition de la Commission et d'un accord avec le Parlement européen et le Conseil.
Rare mesure populaire
Ce genre de mesure quasi-unanimement appréciée n’est pas une chose courante à Bruxelles. La Commission se retrouve en effet souvent à défendre des causes impopulaires, comme par exemple la proposition, attendue pour bientôt, de séparer les réseaux de production et de distribution dans le marché de l’énergie. Ce projet de directive, censé lui aussi être bénéfique pour les consommateurs, promet de se heurter à une vive résistance de la part de certains Etats membres.
Bruxelles n'en a cependant pas fini avec le roaming. «En collaboration avec les autorités de régulation nationales des télécommunications, la Commission va maintenant examiner la qualité, la transparence et la facilité d'accès des nouvelles offres en matière d'itinérance», a prévenu Viviane Reding. «Ainsi, nous pourrons évaluer cet automne si le marché de l'itinérance est devenu plus concurrentiel et si les consommateurs bénéficient réellement de conditions plus avantageuses», a-t-elle souligné.
Walueurope
28 août 2007