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riff.jpgLe Festival du Film indépendant de Rome


Dans l'univers des festivals de cinéma, le Festival du Film indépendant de Rome (RIFF) fait figure de Petit Poucet : 15 long-métrages en compétition, quelques dizaines de courts-métrages et de documentaires… on est bien loin de sélections pléthoriques de Cannes ou de Venise. Mais le RIFF, qui en est à son cinquième printemps, se veut complémentaire aux grands festivals.

Contrairement à ses grands frères, qui voient concourir en grande partie des films de réalisateurs confirmés, le festival romain veut donner une chance aux jeunes réalisateurs. "Nous nous concentrons sur les premières œuvres et sur les auteurs émergents", explique Fabrizio Ferrari, le directeur artistique. Par ailleurs, le festival est une rencontre entre producteurs, réalisateurs, et diffuseurs.

Le cinéma mondial

La sélection de films provient d'une quarantaine de pays, dont l'Iran, Cuba et l'Irlande. Cette année, des soirées spéciales mettront à l'honneur les cinémas de cinq pays : le Canada, la Norvège, la Hongrie, l'Espagne et la France. Le festival se veut comme "un voyage, un parcours à découvrir", explique Fabrizio Ferrari.

Ce côté international, c'est le choix de la diversité. "Si on prenait seulement les plus beaux, on aurait 50% de films américains", lance en aveu le directeur artistique. "Mais cela n'empêche que d'excellents films figurent au programme", précise-t-il. Vinterkyss, de la Norvégienne Sara Johnsen, a été nominé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère ; Sopra et Sotto Il Ponte d'Alberto Bassetoo est déjà programmé dans de nombreuses salles en Italie.

La production italienne

Malgré sa vocation internationale, le RIFF est aussi une vitrine du cinéma indépendant italien. Le 7ème art dans la péninsule, contrairement au cinéma français, n'a pas réussi à surmonter la crise du cinéma des années 1980. La production de films, autrefois féconde, a chuté, et il est devenu particulièrement difficile pour des jeunes réalisateurs de percer.

"Il y a peu de financements et encore moins de confiance", déplore Fabrizio Ferrari. "C'est encore plus compliqué si vous prenez une voie expérimentale, si vous choisissez la qualité et l'innovation plutôt que les budget hollywoodiens." Avec la projection hors-compétition de six long-métrages italiens, le RIFF espère donner un coup de pouce nécessaire au cinéma local.

Fini le Cinema Paradiso

Enfin, dans le contexte de sa collaboration avec des nombreux festivals européens, le RIFF a programmé cette année, avec le Festival de Genève, une soirée spéciale dédiée aux droits de l'homme, qui se tiendra le dimanche 9. Outre des films qui racontent le tiers-monde comme "Mon Congo" de la belge Ann Mulders, qui concourra dans la catégorie "documentaires", le public pourra découvrir des documentaires tournés par les ONG Médecins Sans Frontières et Terres des Hommes.

Pour le public, de plus en plus nombreux chaque année, les organisateurs comptent sur l'importante communauté de cinéphiles de la capitale italienne, mais aussi sur un public international composé d'artistes, de résidents étrangers et, pourquoi pas, des centaines de milliers de touristes qui affluent dans la Ville Eternelle en ce début de saison touristique. Grande nouveauté cette année : c'est gratuit.

Corentin Wauters
6 avril 2006

Le RIFF, du 7 au 14 avril 2006 au Cinema Embassy et à l'Hotel Claridge.
Programme sur
www.riff.it